Vie de la permanence

Commémorations du Centenaire de l’armistice du 11 Novembre 1918

”  A l’Assemblée nationale, dans l’hémicycle, ont été inaugurées deux plaques comme il est d’usage de le faire pour les parlementaires qui ont marqués leur époque et de leur empreinte l’Assemblée elle-même. Deux plaques : l’une pour honorer la mémoire de Jaurès, l’autre celle de Clémenceau. Le premier s’était opposé résolument à la guerre et en fut la première victime ; le deuxième l’a conduite jusqu’à la victoire, avec ténacité, opiniatreté et avec un engagement de tous les instants, n’hésitant pas à rejoindre les soldats dans les tranchées pour éprouver avec eux la fraternité du front.

– Il y a deux plaques dans l’hémicycle à l’Assemblée et partout en France, dans toutes nos villes, dans tous les villages de France ou presque un monument aux morts. Aux morts pour la France. C’est à la suite de « la grande guerre » que ces œuvres se sont inscrites dans notre paysage urbain et c’est à l’occasion de leur installation sur les places des villes et villages de France que l’hécatombe que fut la grande guerre s’est donnée à voir génération après génération, par l’inscription dans la pierre et pour toujours des noms de ceux qui étaient tombés au combat. (Pierre Lemaitre en a fait un roman qui a obtenu le prix Goncourt en 2013). Le devoir de mémoire a trouvé dans les années qui suivirent l’armistice de 19018 a s’installer dans nos usages républicains.

CETTE MEMOIRE S’EST CONSTRUITE PENDANT LE CONFLIT ET S’ENRICHIT AUJOURD’HUI ENCORE.

– En 2013 et 2014, la « Mission du Centenaire » a sollicité les Français pour collecter les souvenirs de la Grande Guerre.
En nombre, les Français ont confié aux Archives des pans entiers de leur vie familiale et de leurs collections personnelles. Outre la garantie de leur sauvegarde, cette transmission a permis de partager avec la nation la douleur d’un conflit dont l’imaginaire collectif gardait comme celui d’un carnage d’acier et de boue. Les cartes postales, journaux, lettres, l’artisanat des tranchées ont mis à jour une autre dimension et complété notre compréhension de la Grande guerre : ces souvenirs racontent la dimension intime et personnelle du conflit. Ils en ont révélé, tout en nuances, la forte charge affective.

– Rappelons qu’en août 1914 a lieu une séparation des familles d’une ampleur inédite en France. Au total, huit millions d’hommes seront appelés sous les drapeaux. Ces départs s’accompagnent d’un vaste effort d’écriture, lié à l’alphabétisation nouvelle. Cette guerre s’écrit, et se décrit de l’intérieur. On y lit en creux la nature de la transformation des sociétés en guerre et les effets de la guerre dans la sphère privée : lettres testaments, récits de baptêmes du feu, blessures, lassitude, imaginaire d’enfants, promesses, avis de décès. On y comprend l’épaisseur humaine de ce moment tragique.

CETTE MEMOIRE PERMET UN AUTRE REGARD SUR LES GRANDS HEURES DU CONFLIT

– Ces archives permettent de raconter l’histoire absurde et tragique, peut-être symbolique, du dernier mort français de la Grande Guerre. Victime d’un obus français, Auguste Renault est « mort pour la France » par erreur, à Robechies en Belgique, le 11 novembre à 10h58, deux minutes avant l’armistice. Ce sacrifice complète celui de millions d’autres.

– En 1918, sous le commandement de Foch, la rupture stratégique survient rapidement. Lucide, il saisit l’opportunité laissée par l’échec de l’offensive allemande « Friedensturm », le 15 juillet. En riposte, à partir du 18 juillet 1918, les Alliés prennent l’initiative de la Seconde bataille de la Marne. Elle se poursuit avec la rupture de la ligne de défense Hindenburg. Les Alliés la prennent en deux semaines, là où les Allemands avaient résisté toute l’année 1917. Le chemin vers la victoire s’ouvre. A l’autre extrémité géographique du conflit, l’Armée d’Orient du général Louis Franchet d’Espèrey part de Salonique, en Grèce, à compter du 15 septembre. Forte de 400 000 hommes dont 210 000 Français, elle attaque en direction de Belgrade à l’Ouest, et vers la Bulgarie à l’Est. Le front bulgare est rompu, donnant lieu au premier armistice de la guerre. Ainsi est précipitée la défaite des puissances centrales, mais Clémenceau impose que la fin des combats se fasse sur le front français.

– En novembre 1918, la victoire militaire est française, et celle de tous les combattants. Des Poilus, en premier lieu, mais aussi de leurs chefs. La Grande guerre est une méritocratie : à son début, 40% des officiers généraux sont renvoyés. Sont nommés à leur place des colonels méritants : Fayolle, Nivelle,…. Les généraux de 1918 ont 10 ans de moins que ceux de 1914 en moyenne. Ce sont eux qui font évoluer la stratégie française à partir de 1915 et les échecs patents de la doctrine de « l’attaque brusquée », dont la violence inutile avait donné lieu aux premières mutineries. Ils prônent l’économie des hommes, accordent les premières permissions, assurent des mises au repos, mettent en place un système tournant entre le front et l’arrière.

UN SIECLE APRES, LA MEMOIRE DU CONFLIT RESTE UNE PREOCCUPATION VIVACE CHEZ NOMBRE DE NOS CONCITOYENS.

– Le souvenir de nos Morts imprègne la nation toute entière.

– La collecte des souvenirs de la Guerre que mentionnée ci dessus : ces témoignages ont échappé à la « négligence » des générations successives que certains critiquent. Des citoyens ont pris le soin, partout en France, de transmettre ces objets et documents, « liens de papier tissés entre le front et l’arrière ». Parfois lourds de sens, ils prouvent que la Grande Guerre est présente dans les mémoires. – Mais si la reconnaissance envers cette génération perdure, nous vivons à une époque où l’idée d’une guerre européenne paraît lointaine, voire a disparu de notre imaginaire. La guerre est devenue abstraite. Mais en prêtant l’oreille, entendons qu’elle n’est pas éradiquée. – Il nous faut, pour ne plus la vivre, rendre la guerre familière d’une certaine manière Sachons en expliquer les mécanismes funestes, donnons à comprendre l’inimaginable, sachons dénoncer l’absurde qui a jalonné la Grande Guerre et respectons, à tout moment, ceux qui ont donné leur santé, leur agilité ou leur vie pour nous garantir un avenir meilleur. Nous tirons ainsi les leçons de 14-18.

– D’ailleurs, nous le savons : la guerre et la menace prennent des formes différentes. Le terrorisme a frappé au cœur de notre territoire et peux toujours frapper à nouveau.

Voir plus

Articles Similaires

Close
Close