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Intervention en hémicycle : Débat sur l’impact de la crise sur la jeunesse et les mesures à prendre d’urgence

Lors du débat sur l’impact de la crise sur la jeunesse et les mesures à prendre d’urgence, j’ai posé une question en hémicycle à madame Sarah El Hairy, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement

Voici ma question  :

Madame la Ministre,

La crise sanitaire a fait exploser la pauvreté en France. Selon la dernière estimation du Secours catholique, 10 millions de personnes vivraient sous le seuil de pauvreté. Un enfant sur cinq est un enfant pauvre. Il est urgent d’agir !

La semaine dernière, la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi « Climat » a adopté à une très large majorité un de mes amendements, entérinant la généralisation d’une tarification progressive des cantines scolaires.

Il s’agit de corriger une disparité territoriale. En effet, plus les enfants sont pauvres et vivent dans des zones défavorisées, et moins ils déjeunent à la cantine. De fait, 12,5 % des enfants ne vont pas à la cantine. Lorsqu’il s’agit d’enfants pauvres, c’est deux fois plus, soit 30 %. Quand ces enfants pauvres vivent en REP, ils sont 58 %, et en REP+ 75 % !

Il y trois ans, j’avais déposé une proposition de loi qui a suscité de nombreux échanges avec plusieurs membres du Gouvernement, des maires, le haut‑commissaire à la lutte contre la pauvreté en Bretagne ou encore l’Association des Maires de France.

Ce dialogue a fait apparaître que le dispositif initial était trop complexe. Je l’ai donc fait évoluer en transposant un mécanisme déjà appliqué au quotidien par les collectivités territoriales. Pour résumer, la grille tarifaire des cantines pourra s’appuyer sur le quotient familial des Caisses d’Allocations familiales, à l’instar de ce qui se fait pour établir les tarifs des activités périscolaires.

Il importe que chacun joue le jeu.

Or, de l’aveu d’un récent rapport de l’Association des Maires de France, 75 % des villes de moins de 10 000 habitants appliquent un tarif unique, qui ne tient donc pas compte des revenus des familles. Ainsi, les enfants des familles pauvres sont davantage écartés des services de cantine pour des raisons tarifaires parce qu’ils vivent en zone rurale.

En avril 2019, le Gouvernement lançait l’opération « Cantine à 1 € » en direction des villes relevant de la Dotation de solidarité rurale cible. Pour ces communes, le Gouvernement offrait de financer 2 € un repas facturé aux familles à un tarif inférieur ou égal à 1 €. Or, le dispositif touche aujourd’hui moins de 180 communes, selon le ministère de la Santé.

Madame la Ministre, pouvez-vous confirmer ces chiffres de la « Cantine à 1 € » qui montrent qu’il faut passer à la vitesse supérieure avec un système pérenne et lisible, à la fois pour les familles et les collectivités territoriales, ce que prévoit l’amendement adopté la semaine dernière ?

Voici la réponse de la Secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse :

Monsieur le député,

je connais votre mobilisation sur le sujet, elle est ancienne et territorialement voisine, je le vois de manière quotidienne.

Monsieur le député, derrière votre question sur le repas à l’école, il y a plus largement la question de l’égalité des chances. On étudie pas de la même façon quand on a le ventre plein ou pas, on étudie pas de la même manière si on a bien mangé ou pas à la maison.

Et évidemment nous avons la responsabilité collective d’accompagner ces repas parce que c’est cela qui permet à chacun de s’émanciper. Et si comme nous, vous croyez à l’école comme l’élément d’émancipation, l’élément qui fait le ciment de notre nation alors la mobilisation sera collective.

Vous le savez la question du financement des cantines touche les collectivités, et je crois que cette dynamique est plutôt positive, il faut une mobilisation générale.

Aujourd’hui, sous l’impulsion du ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer et de ma collègue en particulier en charge de l’éducation prioritaire Nathalie Elimas, il y a une volonté ferme, une volonté féroce en réalité, de déployer très fortement la question du petit-déjeuner mais également plus largement la question du repas. Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation Julien Denormandie est également extrêmement mobilisé sur le sujet avec des repas spécifiquement avec des produits locaux

Nous y mettons une forte énergie parce que c’est un accélérateur de l’égalité des chances et vous le savez et vous l’avez dit, au delà du fonctionnement de la cantine, la question de l’extra scolaire et du périscolaire nécessite une mobilisation de l’Etat et des collectivités.

Et  aujourd’hui le projet porté par le Gouvernement est de déployer plus largement au delà des zones de REP et de REP+ un maximum d’établissements et de partenariats avec les collectivités pour permettre à encore plus d’enfants d’accéder à ces repas et en particulier les petits-déjeuners.

 

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