Assemblée nationaleCanton de RedonInterventions

Soutien de l’hôpital public dans les territoires

Question orale sans débat

Retrouvez en vidéo la question de Gaël LE BOHEC 

https://vimeo.com/488546573

Texte de la question :

Monsieur le Ministre,

L’hôpital public doit être soutenu plus que jamais. Les soignants sont à bout de souffle pour venir à bout de la pandémie de la Covid-19, qui se révèle être une course contre la montre.

Le quinquennat est marqué par une volonté de renouer avec les territoires qui, en matière de santé publique, doivent non seulement être soutenus, mais encore plus être considérés comme un maillon essentiel dans la solution à la crise sanitaire.

Depuis de nombreuses années, l’hôpital connaît des difficultés. Le Gouvernement a décidé de soutenir l’hôpital public. Les investissements sont sans précédent. L’hôpital de Rennes, par exemple, près d’1 milliard d’euros pour un nouvel hôpital. Non loin de là, à Nantes est prévue presque la même somme pour la prochaine décennie.

A contrario, l’hôpital de Redon, que vous avez visité Monsieur le ministre – et je suis fier que vous puissiez répondre à cette question : vous étiez venu dans le cadre de vos consultations sur “les 1000 jours” le 20 janvier de cette année…  A contrario, cet hôpital n’a bénéficié que de 10 millions d’euros sur les dix dernières années. C’est 100 fois moins.

Redon ne fait malheureusement pas exception. La Cour des comptes a rendu récemment un rapport très critique sur les Groupements hospitaliers de territoire, dits aussi GHT. Alors qu’ils devaient répondre à la problématique d’inégalité d’accès aux soins, les GHT sont très hétérogènes dans leur offre de soins. Pire : il s’avère que les habitants en zone rurale ont 20 % moins recours aux soins hospitaliers que leurs concitoyens des zones urbaines.

Alors que la pandémie touche l’ensemble du territoire, il ne saurait y avoir des territoires oubliés. Plus encore, les hôpitaux des métropoles sont embolisés : leurs capacités en nombre de lits n’est pas exponentielle. Les hôpitaux dans nos territoires intermétropolitains constituent une opportunité qu’il faut saisir. Ils ont cette faculté de permettre le désengorgement des services de réanimation des métropoles.

Par ailleurs, les habitants des territoires ont besoin de services médicaux proches de chez eux, y compris pour certaines spécialités. Les services de maternité, notamment, mais aussi les unités d’accueil médico-judiciaires pédiatriques. Alors que la crise sanitaire a engendré une augmentation significative des violences intrafamiliales, il est nécessaire que de tels services soient soutenus financièrement. Situé au cœur d’une large zone rurale, l’hôpital de Redon répond tout à fait à cet enjeu de proximité.

D’autres États que le nôtre ont bien compris tout l’intérêt de la proximité en matière de services hospitaliers. Alors que la France investit proportionnellement à la densité de population, certains pays, dont les pays nordiques par exemple, développent des investissements publics inversement proportionnels au nombre d’habitants pour équilibrer le territoire.

Au Québec, la ruralité est perçue comme vecteur d’opportunités. S’il est vrai que 90 % du territoire au Québec est rural, seulement 29 % de sa population y réside et il est nécessaire que ces habitants des territoires ruraux bénéficient d’un tissu socio-économique dynamique et de services publics complets, tant les territoires sont vastes.

Je sais, Monsieur le ministre tout l’attachement du Gouvernement à la ruralité. Ce Gouvernement a en effet décidé d’inscrire la ruralité dans une politique dédiée en créant un secrétariat d’État qui lui est propre, ce qui est une avancée indéniable, et en s’engageant aussi sur l’agenda rural.

Monsieur le Ministre, il est nécessaire de repenser le financement de l’hôpital public à la fois relativement à la densité de population et à la proximité surtout pour nos concitoyens.

Alors que le dispositif « Cœur de ville » est en plein déploiement et porte ses premiers fruits, peut-on imaginer, pour l’hôpital, une dynamique analogue : un dispositif “Cœur d’hôpital ” ?

 

Retrouvez en vidéo la réponse du Secrétaire d’État Adrien TAQUET 

 

https://vimeo.com/488568367

 

Le Ségur de la santé a confirmé le plan massif d’investissements pour l’hôpital annoncé le Président de la République à Mulhouse en mars dernier : 15,5 milliards d’euros sur dix ans seront consacrés au secteur sanitaire afin d’assainir la situation d’un certain nombre d’établissements, de restaurer la capacité à investir et aussi d’appuyer le financement des projets.

Dès 2021, 650 millions d’euros seront alloués par les agences régionales de santé, les ARS, les établissements présentant des besoins particulièrement urgents d’investissement courant étant servis en priorité.

Cette ambition pour l’investissement hospitalier s’accompagne d’un changement majeur du dispositif de pilotage et de gouvernance des investissements hospitaliers à travers un dispositif rénové, largement déconcentré, qui fait actuellement l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs. Les décisions prises en matière d’investissement reposeront ainsi davantage sur les agences régionales de santé et sur les élus locaux, lesquels y seront étroitement associés afin de répondre aux enjeux spécifiques des territoires.

Concernant celui que vous évoquez, je précise que le CHU de Rennes bénéficie d’une aide nationale de 87 millions d’euros, ce qui représente 20 % de la première phase des travaux.

Quant au centre hospitalier de Redon-Carentoir, dont vous avez rappelé que j’ai eu le plaisir de le visiter en votre compagnie il y a quelques mois dans le cadre des « 1 000 premiers jours de l’enfant », l’ARS s’est engagé à en soutenir le projet de reconstruction et, grâce aux échanges que vous avez eus notamment avec M. Mulliez, cela a été acté en janvier 2020 à l’occasion d’une rencontre qui réunissait les élus de Redon, dont vous-même.

Ce soutien s’élève à 9 millions d’euros, soit là aussi 20 % du coût des travaux, répondant ainsi à la vétusté du site et à la nécessité de disposer sur place d’un outil qui corresponde aux nouveaux standards de conditions d’accueil et de prise en charge des patients.

Il convient de rappeler que ce centre hospitalier reçoit par ailleurs des aides régionales importantes du fait de sa situation financière fragile : l’ARS lui a ainsi versé plus de 3,3 millions d’euros en 2018 et en 2019 au titre de l’aide à l’exploitation, et elle est particulièrement mobilisée pour conforter l’offre de soins, y compris en chirurgie et en obstétrique, que le centre hospitalier intercommunal Redon-Carentoir apporte à la population d’un territoire situé entre Rennes, Nantes et Saint-Nazaire.

Je salue une fois encore, monsieur le député, votre engagement en faveur de l’offre de soins dans votre territoire.

 

 

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